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Le moment colonial

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De tous les candidats à la présidentielle française, un seul s’est exprimé sur la question coloniale et ses retombées, avec une vigueur morale et une santé intellectuelle qui impliquent qu’il y a véritablement réfléchi, et qu’il n’y est pas arrivé à travers les voies tortueuses de la démagogie et le souffle superficiel de la rhétorique politicienne – Benoît Hamon. Je l’ai entendu parler de la sorte dans une émission de talk show de France Télévision, « On n’est pas couché ». Cela n’est pas extraordinaire, étant donné sa sensibilité politique. Néanmoins, j’ai été plutôt étonné, tellement je suis habitué à entendre les anciens colonisateurs – les Français, les Anglais, les Belges – adopter des attitudes malsaines sur cette question. Par « malsaines », je ne veux pas dire seulement « sur la défensive », comme on l’a vu lorsqu’Emmanuel Macron a cru bon d’émettre l’opinion (fort probablement factice, ce qui ne lui ôte pas pour autant tout son poids) que la colonisation serait un crime contre l’humanité. Il y a eu là contre toutes sortes de gendarmages – de quoi il est ressorti surtout que c’était rabaisser la notion de « crime contre l’humanité », nimbée par l’aura inouïe des camps de la mort nazis, que de la raccorder à une aventure historique qui, certes, avait eu des côtés déplorables, mais qui, en fin de compte, relèverait non pas de l’anomalie et de la monstruosité, mais des éternelles folies de l’humanité. Cela, pour les gens raisonnablement libéraux-humanistes, car pour tout un peuple patriotard qui, ce me semble, n’est nullement minoritaire en France, une telle formule relevait de l’outrage vis-à-vis d’un « passé glorieux ». Ces outragés souffrants ne se rendent pas compte (i.e., ne veulent pas se rendre compte) que si la formule « colonisation crime contre l’humanité » les ulcère, la formule « colonisation passé glorieux » peut, à plus légitime titre, ulcérer un citoyen algérien ou malgache. Il y a là une distance infranchissable de sentiments et une incompatibilité totale de perspectives. Peut-être d’ailleurs que l’Algérien ou le Malgache pourraient penser que la formule « colonisation crime contre l’humanité » a quelque chose d’extravagant. Il y a beaucoup de choses dans la colonisation. Il y a bel et bien eu des crimes contre l’humanité dans la colonisation – même si cela n’appelle pas un Nuremberg ! Les Français au moins ont, dans leur langue, ce texte pénétrant de Césaire, Le Discours sur le colonialisme, dans lequel le nazisme apparaît comme l’aboutissement de l’impérialisme colonial européen, le moment où ce que les Européens ont fait aux peuples noirs et bruns est revenu les hanter, avec une force native. La plupart des Allemands ordinaires qui ne s’étaient pas abîmés dans les cruelles fantasmagories des Nazis, voyaient effectivement la conquête de l’Europe – en particulier de l’Europe de l’Est – comme une entreprise coloniale. Le 31 décembre 1943, Heinrich Böll, futur prix Nobel de littérature (1972), écrivait à ses parents depuis un hôpital sur le front Est : « J’aspire à retrouver le Rhin et l’Allemagne, et pourtant, je songe aussi à la possibilité d’une existence coloniale ici, en Europe orientale, une fois la guerre gagnée. » Bien sûr, il ne s’agissait pas, dans l’esprit du jeune soldat ingénu qu’était alors Böll, de parsemer l’Ukraine et la Géorgie de Tréblinkas et de Sobibors, mais la dépossession violente et rapide d’un peuple de son pays, et sa soumission aux besoins, caprices, intérêts, préjugés – en un mot, à l’arbitraire  – d’étrangers, soumission entraînant nécessairement non seulement une paupérisation permanente, mais aussi des mortalités nouvelles et drastiques, tout cela mérite le nom de crime contre l’humanité. En fait, le concept est apparu non pas pour rétribuer les crimes nazis, mais pour dénoncer ceux de la colonisation. Sa première mouture est sans doute la formule « crime de lèse-humanité » utilisée par l’indianiste Anquetil-Duperron pour caractériser la colonisation anglaise en Inde (point différente de ce que sera, plus tard, la colonisation européenne en Afrique), et la formule « crime contre l’humanité » apparaît en toutes lettres pour définir le vampirisme des hommes de main de Léopold II de Belgique au Congo. Il est intéressant que cette formule n’ait pris de poids juridique qu’à partir du moment où les crimes commis l’ont été en Europe, par des Européens contre des Européens – et que depuis, elle n’ait caractérisé que des crimes commis par des non-Occidentaux. George Bush est un criminel politique plus avéré que Laurent Gbagbo, mais Gbagbo croupit à La Haye et Bush peint des portraits d’anciens combattants en croyant avoir trouvé « une âme ».

Et là-dessus, on en vient à ce qui me gêne vraiment dans cette affaire de colonisation. L’argument principal des anciens colonisateurs – argument que j’ai aussi entendu aux Etats-Unis à propos de l’esclavage – c’est que « c’est du passé ». Lorsque j’étais étudiant au Kansas au début des années 2000, j’avais l’habitude de traîner avec Tq., un étudiant au profil assez curieux. Fils de divorcés, son père était syrien et sa mère kansassoise, mais son apparence physique était très, comment dire, teutonique. Il était ce que l’anglais appelle « stocky », râblé, blond, très blond même, avec des yeux gris-bleu. Très patriote, même nationaliste – décidé à me faire aimer l’Amérique, dont il était fier d’une manière zélée et plutôt aveugle. Je ne sais plus à quelle occasion nous en vînmes à parler de colonisation, et il me dit gentiment que tout de même, oui, c’était une mauvaise chose, mais enfin, c’est du passé voyons ! Je lui répondis que justement non. Si la colonisation était une chose entièrement révolue, on n’en parlerait plus, ce serait un thème confidentiel de recherches et de débats dans un petit cercle de spécialistes, comme, par exemple, la domination romaine de l’Europe occidentale et des pays de la Méditerranée (bien que les siècles ne semblent pas toujours fermer certaines plaies : la très pérenne francophobie anglaise, qui n’est pas britannique puisqu’elle n’existe pas chez les Ecossais et les Irlandais, provient directement de la conquête normande de l’Angleterre, qui fut aussi coloniale qu’on pourrait l’imaginer – et, dans les mêmes parages britanniques, la vivace anglophobie irlandaise est une conséquence du traitement colonial infligé à l’Irlande par les Anglais du 17ème au début du 20ème siècle). La colonisation ne m’intéressait, dis-je à Tq, que parce qu’elle dure toujours, non pas, bien entendu, comme domination coloniale à proprement parler, mais certainement comme domination et subordination « cosmopolitique » – elle a grandement contribué à créer une inégalité durable et criarde non pas entre les hommes, mais entre les peuples (quelques années plus tard, un professeur de relations internationales s’est montré très intéressé par une théorie que j’avais élaborée sur la base de cette idée, des relations internationales comme un système de suzerainetés et de vassalités, semblable à celui du régime féodal de l’Europe médiévale. Il se montra déçu que je n’aie pas voulu « virer » en relations internationales).

Je crois qu’on a eu cette conversation en août 2001 ou quelques jours avant le 11 septembre, événement qui, par la suite, a un peu mieux précisé certaines des orientations qu’il exprimait dans nos échanges. Il se mit un jour à parler de la supériorité militaire écrasante des Américains et des Occidentaux sur le reste du monde, disant que les Occidentaux avaient la capacité d’oblitérer (c’est le mot dont il usa : « obliterate ») tout pays (non-occidental) qui les offenserait. « Comme ce que vous avez essayé de faire au Vietnam », dis-je. Il me regarda vaguement, puis continua, évoquant l’Afghanistan, que Bush venait de placer dans le collimateur de l’armée américaine : « Ils ne sauront pas ce qui leur arrivera », dit-il, « on n’aura pas besoin de les envahir d’abord, nos avions vont survoler le pays et les bombes tomberont une à une, ils ne les verront même pas arriver. Puis on viendra, on prendra les commandes ». J’objectai que si les armées occidentales étaient en effet assez fortes pour conquérir les pays non-occidentaux, elles ne l’étaient pas pour occuper durablement ces pays. Il sourit avec un air entendu, apparemment pas convaincu, même lorsque je lui donnai l’exemple du Vietnam. Il semblait assuré que « cette fois, ça marchera ». En janvier 2002, il m’invita à aller au cinoche avec lui pour voir Black Hawk Down, le film sur les « exploits » de l’armée américaine en Somalie (film qui, il ne s’en rendait pas compte, illustre bien ce que je lui avais dit au sujet de l’incapacité des armées occidentales à contrôler la situation en pays occupé – à moins d’accepter de commettre des crimes militaro-politiques soigneusement planifiés, comme ce que font les Israéliens en Palestine). Comme il en parlait devant un de nos camarades de classe qui était beaucoup plus fin que lui, ce dernier remarqua ironiquement que bien entendu rien ne pouvait plus m’intéresser (moi) que d’aller regarder de la propagande militaire américaine ayant pour théâtre un pays africain. Tq s’aperçut de sa bévue et s’arrangea pour qu’on vienne en retard au ciné, m’informant ensuite que tous les tickets avaient été vendus. Il devint clair pour moi que pour certains, dans les pays ex-colonisateurs, la colonisation est un sujet dont ils ne saisissaient ni la portée historique, ni les implications actuelles.

Soit dit en passant : a-t-on remarqué que ce sont les principaux pays ex-colonisateurs, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui, aujourd’hui encore, interviennent à gauche et à droite dans les affaires d’autres pays, y compris militairement ? Est-ce un hasard ? On serait bien ingénu de le supposer.

On peut cependant penser que la posture que je viens de dépeindre telle qu’incarnée par Tq est celle de nationalistes impénitents agitateurs de drapeaux, adeptes du « mon pays, à tort ou à raison ». Et par ailleurs, il y a deux points qu’il convient de rappeler : (1) la colonisation fut une entreprise complexe qui, pendant longtemps, parut tout à fait normale (comme le projet nazi dans ses aspects « Drang nach Osten » le parut aux Allemands de l’époque hitlérienne) et qui, donc, attira toutes sortes d’acteurs, dont certains n’étaient nullement malveillants, ni même inféodés à l’Etat ou au secteur privé exploiteur ; et (2) bien qu’elle ait eu un impact révolutionnaire sur les sociétés colonisées, la puissance coloniale resta toujours très limitée et ne put s’imposer qu’en raison non pas de sa force propre, mais des déficiences des colonisés. Ce n’est pas une subtilité : il y avait, dans la puissance coloniale, un degré de faiblesse qui explique sa violence paranoïaque, suivant l’axiome découvert par Michel Foucault (dans son analyse de l’Ancien régime), que plus un pouvoir est structurellement faible, plus il a recours à la violence comme moyen de contrôle. Ces deux points renvoient, d’une certaine façon, à la question « morale » qui intéresse tant l’opinion publique dans les anciens pays colonisateurs, i.e., « la colonisation, était-ce bien ou mal » ? Cette question est bien trop simple pour l’objet sur lequel elle prétend porter et elle relève, par ailleurs, non pas vraiment de l’objet historique lui-même mais de la situation contemporaine. Les ex-colonisateurs voient l’état de l’Afrique, sentent que leurs actions passées y sont pour quelque chose, et veulent savoir jusqu’à quel point ou, pour certains, veulent pouvoir rejeter cette responsabilité ou culpabilité. En Afrique même, ce débat n’existe pas. Il y a bien, en Afrique, une opinion nationaliste qui évalue moralement la colonisation, mais c’est pour aussitôt juger qu’elle fut un « mal » intégral car il s’agit moins d’aborder « honnêtement » la question que d’avoir quelque chose de mauvais et criminel contre quoi se définir comme étant bon et innocent (comme disait Sartre, on se pose en s’opposant). En ce sens, les nationalistes africains font la paire avec ceux des pays ex-colonisateurs qui affirment que la colonisation fut une bonne chose.

La question, en tout cas, ne fait pas chez nous débat comme elle le fait en Europe. Il en est ainsi, en apparence paradoxalement, parce que la colonisation fut plus importante pour nous, et fait plus partie de notre histoire que ce n’en est le cas pour les ex-colonisateurs. Pratiquement aucun des pays africains actuels n’existerait sans la colonisation. Du temps où j’étais étudiant à Dakar, il y avait dans notre immeuble de Nigériens quelques nationalistes stridents qui étaient obsédés par la mauvaiseté de la France. Comme toute obsession, celle-ci était assez fatigante, et il y avait, dans les propos de ces gens quelque chose qui me dérangeait sans que je puisse mettre le doigt dessus – jusqu’à ce que mon coloc, un individu doté d’un bon sens bénin, m’en ait donné la clef. Après avoir écouté avec un petit sourire une tirade haute en couleur d’un de ces francophobes sans nuances qui s’était posté dans le chambranle de notre porte pour causer, il haussa les épaules une fois que le monsieur se fût éloigné, et dit sur un ton amusé, comme devant une absurdité évidente : « Mais que veut-il y faire ? La France fait partie de notre histoire ». Je compris soudain ce qui me perturbait : la posture de se poser en s’opposant fait peut-être sens d’un point de vue idéologique, mais elle était aussi compromise par le fait que ce à quoi on s’oppose fait inextricablement partie de ce qu’on veut poser. Pour croire que la France c’est le mal, il faut qu’elle nous soit extérieure, mais comme ce n’est pas le cas, on se trouve, en fin de compte, à lutter contre soi-même. L’opinion publique ordinaire est plus proche de mon coloc que des nationalistes francophobes, comme cela se voit dans nos histoires officielles qui incluent toujours, dans les listes des chefs d’Etat, les gouverneurs coloniaux. Il y a, à Niamey, une avenue qui honore Jules Brévié comme étant le fondateur de l’Etat, en sa qualité de premier lieutenant-gouverneur de la colonie du Niger. Brévié fut un an ministre des colonies sous Vichy, et en fut puni, à la Libération, par la privation de sa pension de retraite et de son droit aux honneurs (décorations, etc.), si bien qu’il est plus honoré au Niger qu’en France, pour des raisons ayant trait, pour les deux pays, à une histoire d’occupation étrangère (allemande et française), si bien que le peuple montrant le plus de ressentiment dans cette affaire n’est pas le peuple africain. C’est que la France existait avant l’occupation allemande – et le Niger n’existait pas avant l’occupation française.

Dans un essai sur les révolutions qu’il faudra que j’essaie de publier, je soutiens que la meilleure définition d’une révolution politique, c’est tout événement qui fonde ou refonde un peuple, en « rétablissant l’ordre civil sur de nouveaux principes » (je joue beaucoup sur le fait que le mot « principes » vient du latin principia, « commencements »). Il s’agit d’évènements extraordinaires et catastrophiques (dans l’essai, ces deux termes ont une signification très précise, renvoyant à la théorie classique de la tragédie) qui peuvent coïncider avec des guerres civiles ou étrangères, mais qui ne doivent pas leur être confondues. Je n’entre pas dans les détails, mais la colonisation tombe dans cette catégorie. Plus précisément, il y a, dans la colonisation, deux événements distincts, dont l’un a entraîné l’autre : d’une part une guerre étrangère, une défaite, du point de vue africain, un effondrement et d’autre part une révolution, un recommencement de l’histoire rétablissant l’ordre civil, en Afrique, sur de nouveaux principes, et créant, ce faisant, de nouveaux peuples (les Kenyans, les Algériens, les Togolais, les Angolais, les Zimbabwéens, etc., qui n’existaient pas avant la colonisation). Le problème politique et moral tel qu’il se pose aux Africains n’est pas de faire le départ entre le bien et le mal, mais entre la défaite et la révolution. C’est ce dilemme qui explique les contradictions dans les sentiments des Africains, en particulier les nationalistes : la défaite est une humiliation menant à la subjugation et à la dépendance, tandis que la révolution – qui ne fut consommée d’ailleurs qu’avec l’indépendance politique – est la source du nationalisme lui-même, et en tout cas des différents patriotismes liés aux nouveaux pays.

La défaite et la subjugation ont été infligées par les Européens, mais la révolution, en particulier les « nouveaux principes » qui ont rétabli l’ordre civil en Afrique, vient aussi de l’Europe, en particulier de la modernité européenne telle qu’elle sortait du Siècle des Lumières et du 19ème siècle. Il faut se rappeler que dans l’Afrique précoloniale, il n’y avait d’ailleurs pas d’ordre civil à proprement parler, mais plutôt un ordre coutumier – un ordre coutumier qui reposait par exemple largement sur l’inégalité statutaire (de naissance) en droits et en obligations. Son effondrement ne fut pourtant pas chose directe et rapide – comme on pourrait l’imaginer au vu du mot « révolution ». En dépit du discours de la mission civilisatrice, la colonisation n’était pas intentionnellement révolutionnaire. En dehors de leurs motivations mêlées et de leurs imaginations raciales, les colonisateurs n’étaient tout simplement pas assez puissants pour appliquer à la lettre la mission civilisatrice, qui était bien un projet révolutionnaire. Par exemple, la doctrine française était l’assimilation, qui aurait acclimaté en Afrique la culture politique de la IIIème République, i.e., une culture politique héritière de la Révolution française, l’événement fondateur de l’ordre civil français. Mais cela nécessitait, entre autres choses, la scolarisation de masse, ce qui ne correspondait absolument pas aux moyens générés par la logistique financière coloniale, i.e., le financement par voie de fiscalité locale, non à travers des transferts fiscaux de la métropole. Même le fait que l’école française n’enseignait qu’en français n’est pas, comme on le suppose d’habitude, un choix idéologique d’assimilationnisme, mais un choix pragmatique provenant du fait que le gouvernement colonial ne trouvait pas les moyens de financer la formation dans des dizaines, sinon des centaines de langues africaines (dans les colonies anglaises, l’enseignement en langues locales provient largement du fait que le secteur éducatif avait été laissé entre les mains des missions protestantes). La France n’avait pas les moyens de sa doctrine coloniale, et pratiqua une doctrine moins ambitieuse et plus conservatrice, l’associationnisme, qui reposait largement sur le maintien et la domestication de l’ordre coutumier (un peu comme l’indirect rule des Anglais). C’est donc surtout les nationalistes progressistes africains qui importèrent la panoplie de l’ordre civil moderne et s’attaquèrent agressivement à l’ordre coutumier – en s’en prenant aux émirs, marabouts, et autres chefs coutumiers allègrement traités de « féodaux » et de « suppôts de l’obscurantisme » (concepts de l’idiome des Lumières). Même le nationalisme conservateur remonte à la colonisation comme source d’inspiration. Il y a quelques années, lors des états généraux de la justice du Niger – des assises destinées à renforcer les institutions et les codes qui garantissent l’ordre civil moderne dans le pays – je ne fus pas surpris d’entendre un politicien nationaliste-conservateur du nom de Sanoussi Jackou regretter que les juristes nigériens s’évertuent à adopter des « lois occidentales » alors que le colonisateur français avait, lui, défendu « l’authenticité juridique » de l’Afrique en élaborant des coutumiers haoussa, zarma, etc.

La signification du moment colonial englobe donc tout cela : crime contre l’humanité et mission civilisatrice d’un côté, défaite et révolution de l’autre. Pour le comprendre et l’évaluer, il faut aussi le rapporter à ses conséquences et à ses implications actuelles. Pour l’instant le débat, que ce soit en Europe ou en Afrique, n’est pas à la hauteur de cette vertigineuse complexité.

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  1. Les anglais et les français ont eu de la chance : ils ont perdu leurs colonies.
    Les américains, non, leur colonie c’est leur propre pays.
    C’est pourquoi ils continuent à ressasser des histoires d’Envahisseurs.

    Réponse
  2. J’ai entendu cet argument une fois pour dire que c’est pour cela que les Américains comprennent intuitivement et soutiennent indéfectiblement Israël. Les Israéliens traitent la Palestine et les Palestiniens comme ils ont traité l’Amérique et les Amérindiens.

    Réponse

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