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Honte malienne, crime français

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Sur Radio France Internationale ce matin, Juan Gomez essaie de défendre la tentative de la « communauté internationale », c’est-à-dire du gouvernement français en cette occurrence précise, d’installer un régime ethnocratique (« blanc », disent les citoyens maliens qui protestent là-contre, c’est-à-dire essentiellement touareg-blanc – car n’oublions pas qu’il y a des touareg noirs – et maure) au Nord Mali, avec la complicité du gouvernement malien – dont le prurit préfecture françafricaine a été renforcé par le sauvetage du Mali organisé par la France à travers l’Opération Serval. Le gouvernement malien n’a pas hésité à faire tirer à balles réelles sur les manifestants qui protestaient contre cette forfaiture, causant la mort de trois d’entre eux. Cette armée qui n’a pas su protéger les citoyens contre leurs agresseurs, tire à présent sur eux pour les contraindre à se soumettre à leurs agresseurs, après que, laissés à eux-mêmes, ils se soient courageusement défendus!

De façon caractéristique, la population malienne est du côté des manifestants, mais le gouvernement tient à obéir aux ordres de ses maîtres étrangers. Depuis que la France a sauvé la mise au gouvernement malien, ce dernier a perdu sa souveraineté intérieure et n’est plus en mesure de représenter l’intérêt général du Mali. Aujourd’hui, c’est cet intérêt général qui est sacrifié au nom de l’espèce de protectorat couvert que la France offre aux groupes armés touareg. L’argument répétitif du journaliste Juan Gomez sur l’occasion ayant révélé la couleur véritable de ce qui se passe au Nord Mali est de dire que les communautés nord maliennes majoritaires (noires) ne seraient pas exclues du processus de formation d’un nouveau pouvoir au Nord Mali parce qu’elles ne vont être exclues que des instances « intérimaires » de ce nouveau pouvoir. D’abord, on ne voit aucune raison de les exclure de quelque chose qui les concerne au premier chef, d’autant que leur participation est non seulement rendue politiquement juste par leurs souffrances, sacrifices et résistance lors de l’agression ethnocratico-djihadiste (de façon caractéristique, Juan Gomez ne mentionne jamais, lui, que les djihadistes, alors même qu’en l’occurrence les populations de Gao protestaient plutôt contre l’ascendant donné aux ethnocrates, d’autant que les djihadistes sont, de toute façon, hors jeu), mais est aussi une obligation constitutionnelle. Ensuite, le coryphée de la vision française des choses ne voit pas, ou prétend ne pas voir que ces dites instances intérimaires sont en réalité des instances fondatrices qui vont donner son caractère permanent au nouveau contrat social devant régir les relations entre le Nord Mali et l’Etat malien. Les jeunes de Gao ont donc raison de résister bec et ongle à cette imposture tyrannique.

J’ai renoncé à comprendre le jeu pro-touareg de la France au Nord Mali et le met maintenant tout simplement au compte d’une sorte de racisme réflexe ancré dans, et renforcé par l’histoire coloniale. Honte au gouvernement malien de se plier à ce jeu néfaste et nauséabond – qui, en plus (et là, plus que d’une honte, il s’agit d’un crime politique de la part d’un gouvernement responsable) n’aboutira qu’à une instabilité sans fin. Honte à tous nos gouvernements qui se sont mis dans le cas de devoir dépendre d’une puissance étrangère aux calculs tortueux et à l’action politique bête et arrogante.

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