Flux RSS

Journal de putsch 3

Publié le

Vendredi 19

[7h] La vie reprend son cours ce matin, mais comme la situation politique n’est pas rétablie – ni en faveur, ni contre les putschistes – il convient de ne pas se fier aux apparences. J’ai entendu de la circulation avant 6h : autant pour le couvre-feu !

Je trouve intéressant qu’à Yako, bled natal du putschiste Diendiéré, des jeunes aient incendié son domicile et apparemment ceux de personnes liées à lui. Pas de soutien ethno-régionaliste au « fils du pays » !

Pour le moment, tout est suspendu aux efforts internationaux. Ce qu’escompte Diendiéré ? Obtenir par la force ce que le droit (CEDEAO, Conseil constitutionnel) a refusé à ses amis. Ce qu’escomptent ses otages ? Restaurer par le droit ce que la force cherche à oblitérer. Assuré de détenir la force armée, Diendiéré ne voudra pas bouger ; sûr de leur bon droit, ses otages ne voudront pas abdiquer. Voilà les positions. Il me paraît clair que, sans ceux que Diendiéré appelle « les acteurs », il ne pourra pas stabiliser la situation, et le temps ne travaille pas pour lui. Où l’on découvre que la force armée ne signifie pas nécessairement la force politique.

[9h30] Apparemment, de nouveau du grabuge. Les commerces ferment dans le quartier. Le silence s’installe. Mais j’entends que les putschistes déclarent avoir libéré le président de la Transition, Kafando (mais pas le premier ministre, Zida, un « renégat » du RSP). Effet d’annonce ou retour graduel au principe de réalité ?

A propos de Diendiéré : beaucoup se disent surpris du coup d’Etat, mais je me souviens distinctement que deux personnes – dont l’un n’est pas spécialement un expert observateur de la scène politique locale – m’avaient dit qu’il était capable d’organiser un putsch. Sans trop y penser, cela avait fixé ce nom dans mon esprit, et quand je l’ai vu émerger à la tête du coup hier, quelque chose dans mon esprit s’est écrié : « Ha ! »

Après-midi calme, mais cela a chauffé en ville jusque vers midi, avec une vendetta entre troufions et jeunes. Les premiers ont confisqué des motos – les chères, les à un million – pour y mettre le feu en un énorme bûcher ; les seconds s’en sont pris aux « plaques rouges » (voitures de l’Etat) qu’ils ont brûlés.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :