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la non-bombe chiite et la crise sunnite

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Après avoir atteint une entente avec l’Iran pour l’empêcher d’avoir « la bombe », les Occidentaux se demandent si « on peut lui faire confiance ». La bonne blague ! Rien de plus perfide que l’Occident en Orient, depuis Sykes-Picot jusqu’à Kadhafi. Ce sont plutôt les Iraniens qui devraient se demander s’ils doivent faire confiance à l’Occident (i.e., les USA, la France et le Royaume Uni). Demain, ce dernier est capable de s’exciter dans une frénésie de diabolisation à propos de quelque peccadille des mollah, et organiser une invasion ou une guerre préventive ou quelque autre sagouinerie de ce genre – probablement à l’instigation des Israéliens, qui jouent en ce moment les vierges outragées. C’est ce qui est arrivé à Kadhafi : on l’a persuadé de renoncer à son programme atomique, on a fait mine de le « réintégrer » dans la « communauté internationale », puis on s’est débarrassé de lui avec un temps de réflexion aussi long que pour choisir entre un panini et un chawarma.

L’autre aspect intéressant de cette affaire, c’est à quel point la popularité d’un accord en Iran dépend de l’arrêt des sanctions occidentales qui permettra enfin de s’approvisionner en micro-ondes et écrans plats dans les chaumières de Téhéran sans passer par un labyrinthe de contrebande. Ces mêmes sanctions occidentales qui, appliquées à la Russie, seraient en train de plonger ce pays dans la récession. Et les économistes prétendent que l’économie (de marché) est indépendante de la politique !

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Pendant ce temps, des hallucinés islamiques coupent toute une jeunesse dans sa fleur au nom de la grandeur d’Allah et de la haine du « cafre », nom à présent appliqué aux chrétiens envers et contre une tradition originelle à l’Islam – ce qui montre bien que même les puristes les plus puristes trient et choississent dans le magasin d’antiquités qu’est toute religion ce qui peut leur servir à se faire un vêtement à leur gré. Et celui que veulent porter ces blattes venimeuses, apparemment, ne saurait s’arborer à moins d’être détrempé de sang innocent.

Ceux qui disent qu’il ne s’agit pas là d’Islam se paient de mot. Je me rappelle avoir eu cette réaction du « il faut quand même que les musulmans s’examinent » au moment du 11 septembre. A l’époque, l’amère impression que l’attentat avait suscitée en moi s’était assez rapidement dissoute dans l’outrage ressenti du fait de l’extravagante violence de la réaction des Américains. Mais il me sembla (fort naïvement, je l’admets) qu’au lieu de dépenser tant d’argent à enseigner à des terroristes à piloter des avions, « on » aurait pu construire des écoles à travers l’Afghanistan, par exemple. En d’autres termes, il me semblait qu’avec les ressources dont disposait Ben Laden, il avait le choix entre faire le bien et faire le mal (car, bien que je comprenais et acceptais dans une certaine mesure les mobiles géopolitiques derrière ses actes, ces actes n’en étaient pas moins horribles), et il a choisi le mal – en calculant peut-être que le mal (qu’il dut faire semblant de ne pas reconnaître comme étant du mal) était plus efficace que le bien, que la fin justifie les moyens et qu’on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs. Il me semblait surtout qu’en choisissant aussi délibérément le mal, au cœur de la religion islamique, il disait aussi quelque chose de perturbant, de nauséabond, sur la nature de l’Islam ou le caractère des musulmans, quelque chose que, du reste, je sentais depuis longtemps alors, et que je décrivis, vers 1995 (bien avant le 11 septembre donc), comme une forme de sadisme impur – dans un essai perdu (je pense) car écrit sur du papier. Voici l’argument de cet essai assez bref qu’avec un peu de temps je pourrais refiler : c’était l’époque où je lisais Sade, et ce qui m’avait frappé, c’est que Sade faisait l’apologie du mal pour le mal, en acceptant que c’était le mal, et en s’y livrant pour cette raison même : c’était là du sadisme pur, suffocant et corrodant pour le sentiment moral comme une atmosphère chargée de gaz acides le serait pour l’organisme ; le sadisme impur, c’est la glorification du mal au nom du bien, sans que cela soit pourtant de l’hypocrisie, car la connexion entre le mal et le bien est faite sincèrement, le mal étant le serviteur du bien, un peu comme, au Moyen-Age, les érudits chrétiens disaient de la philosophie qu’elle était la servante de la théologie. Bien que moins asphyxiant, le sadisme impur me paraissait bien plus effrayant et un tantinet plus haïssable que le sadisme pur. Sade, au moins, vous torturerait sans prétendre qu’ainsi, il servait une morale qui dépassait la souffrance fastidieuse de l’égorgement ou la terreur de tomber sous des balles arbitraires. Dans l’argument, d’ailleurs, ce n’était pas l’Islam, mais l’islamisme, son dérivé théologico-politique, que je qualifiais ainsi de sadisme impur. Mais le mot « islamisme », avec ses connotations d’être une idéologie, avec ce que cela implique de respectabilité intellectuelle, me paraît inadéquat pour ce à quoi on assiste maintenant…

Au début des années 2000 une forme de violence chrétienne presque de même nature (quoique portée par un autre type d’acteur) prédominait sur la scène internationale, dans la mesure où les invasions et les énormes abus des Américains en Irak étaient faits, sous la poigne du « born-again Christian » George W. Bush, avec de forts relents de croisade. Les chrétiens n’ont pas « soutenu » cette aventure, tout comme on ne peut dire que « les musulmans » soutiendraient les exactions des djihadistes et compagnie. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces vastes groupes offrent le soubassement et le terreau principal de recrutement, et méritent donc une analyse inquiète et froide. Il est intéressant, à cet égard, que bien de critiques de gauche, en Occident, qui faisaient si aisément une telle analyse, quand il s’agissait des soubassements chrétiens des dévastations yankees sont réticents, aujourd’hui, à observer quelque chose qui ne se voile même pas de finasseries : que l’Islam est un primum mobile d’une folie meurtrière qui relève – au vu de son ubiquité – d’une crise de civilisation peut-être moins grave que certains épisodes dramatiques du passé islamique, mais qui n’est pas d’une petite magnitude. Il est vrai, cependant, qu’il conviendrait peut-être plus de parler de crise sunnite que de crise islamique.

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