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Ah, j’oubliais (et pour cause): Obama « en Afrique ». Où on reparle de la « déception » qu’il a été. Déception, oui, même pour ceux qui, comme moi, ne s’attendaient pas à grand chose de sa part. Ce à quoi je ne m’attendais pas du tout, c’est qu’il évite aussi studieusement d’avoir même un semblant de « politique africaine ». Clinton et Bush en eurent, bien que cela ait relevé de la charité de dame patronnesse surtout. Mais Obama a soigneusement fait profil bas dans ce domaine. Certains disent, par crainte des critiques que cela lui vaudrait « at home » du fait de ses origines. Il y a sans doute de cela, mais si l’on regarde la politique étrangère de Obama d’une manière générale, elle paraît inodore, incolore et sans saveur (et pas seulement vis-à-vis de l’Afrique).

Sa tournée africaine, alors qu’il est désormais ce que les Américains appellent un « lame-duck president » (« président canard boiteux », dont on sait qu’il est sur le départ et dont les actions, par conséquent, ne mobilisent plus grand monde), ressemble à un voyage d’excuse chez les parents pauvres, habillé de tourisme « démocratie libérale » (il n’ira pas en RDC, qui mérite plus de soutien international que le Sénégal ou la Tanzanie). Ceux qui espèrent que son passage chez eux leur vaudra quelques miettes du gâteau international en seront pour leurs frais. Certes, Obama se déplace avec un cortège de businessmen: mais n’oublions pas qu’il finit son tour en Afrique du Sud.

C’est tout de même curieux que les Etats-Unis n’aient pas mieux utilisé l’atout Obama en Afrique. Pour ma part, c’est ce que j’attendais: non pas qu’Obama serve les intérêts de l’Afrique (ce qui serait absurde), mais qu’il serve ceux des Etats-Unis en Afrique, surtout en ces temps d’avancées chinoises. Mais peut-être cette attitude est-elle tout simplement révélatrice du peu de cas que les Etats-Unis font de l’Afrique. 

En Afrique, il y a des élites, habituées à la férule occidentale, qui voudraient qu’il n’en soit pas ainsi. Mais les Chinois se « décarcassent » comme on dit. Alors qu’avant cette tournée, Obama n’a fait qu’une visite éclair au Sud du Sahara, pour délivrer une parole condescendante, Hu Jintao y avait fait cinq visites d’Etat et son successeur, Xi Jinping en a déjà fait trois au bout de moins d’un an — d’ailleurs dans les mêmes trois pays visités en ce moment par Obama.

Émotionnellement, la visite d’Obama aura plus d’impact, non pas seulement du fait de ses origines, mais parce qu’il est le président des Etats-Unis et nous sommes encore sous hégémonie américaine. Mais sur le plan solide des réalités économiques, la visite de Xi Jiping se situe dans un courant plus riche d’avenir et en tout cas plus lourd de substance hic et nunc. Après tout, cela fait quatre ans que la Chine a coiffé les Etats-Unis au poteau en tant que partenaire commercial de l’Afrique. Cela finira par avoir une traduction politique…

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