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Dans « Le Quotidien » d’hier…

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Cet article du Quotidien d’hier (journal malien je crois, ou burkinabé) me paraît pour l’instant bien résumer l’équation de Kidal. Sauf que je le trouve bien naïf sur la médiation BF quand on se souvient que c’est le BF (pion évident de la France dans cette affaire) qui a sauvé le MNLA après sa déculottée face aux djihadistes, MNLA que la France a ensuite réintroduit à Kidal.

 

Mali: frappes aériennes près de Kidal, un responsable d`Ansar Dine arrêté
La zone de Tessalit, à 200 km au nord de Kidal, près de l`Algérie, a été la
cible dans la nuit de samedi à dimanche « d`importantes frappes aériennes » ,
selon le porte-parole de l`armée française, le colonel Thierry Burkhard.

On le pressentait. Le contentieux entre l’Etat malien et les rebelles
touareg avait de fortes chances de se régler par les armes. Le temps de la
diplomatie s’est momentanément arrêté (jusqu’à nouvel ordre), pour faire
place à celui de la guerre. Depuis ce mercredi, l’armée malienne est en
train de laver l’affront de l’occupation d’une partie du territoire
national par un groupe armé, en l’occurrence le MNLA (Mouvement national de
libération de l’Azawad). La prise de la localité des mains des rebelles
touareg est le premier coup de semonce annonciateur de la marche de
libération de Kidal.

Il fallait être dupe pour ne pas lire les signes avant-coureurs de la
confrontation. L’attitude belliqueuse et intransigeante du MNLA ne pouvait
avoir de réponse diplomatique. La voie des armes devenait dès lors la seule
alternative offerte aux autorités maliennes. Et c’est ce à quoi s’emploie
l’armée malienne. Encore une fois, la crise malienne prend un tour
dramatique. Le dialogue demeure une chimère face à des groupes armés dont
les revendications sont inacceptables. Hier c’était les djihadistes,
aujourd’hui les Touareg, avec tout un dénominateur commun, celui de
piétiner l’intégrité territoriale du Mali. Tous ont aussi cette aversion de
la négociation et surtout de la démocratie. Le MNLA a toujours démontré,
par ses louvoiements, qu’il n’accordait aucune espèce de respect aux vertus
de dialogue. Pire, il ne s’inscrit pas dans une perspective démocratique.
Il assistait à contrecœur à la normalisation au Mali et l’organisation
prochaine de la présidentielle. La preuve, il a multiplié ces derniers
temps des actes de provocation visant à déclencher un nouveau conflit et à
semer le désordre. Il a réussi son entreprise avec les nouveaux cliquetis
des armes.
L’assaut lancé par l’armée malienne met donc de facto fin à la négociation.
C’est une deuxième gifle pour le médiateur, après celle que lui avait
infligée la France avec l’opération Serval. Comment comprendre cette
mauvaise lecture de la situation par la partie en charge de la médiation ?
Rien que le 3 juin dernier, Djibril Bassolet, le missi dominici du
médiateur, lançait à la cantonade : « La guerre est finie ». Les faits
montrent aujourd’hui qu’il s’est mépris. La deuxième guerre du Mali a bel
et bien commencé, mais avec un autre ennemi, le MNLA. Il est donc impératif
pour la médiation burkinabè de se montrer plus pragmatique et moins naïve
vis-à-vis des groupes armés maliens. Par deux fois, dans le même dossier,
elle a été ridiculisée. Cela ne peut pas continuer. Ou elle en tire les
conséquences et se retire du dossier, ou elle se fait respecter des
différentes parties. Mais ce qu’il lui faut, c’est sans doute une plus
grande fermeté à l’égard des rebelles touaregs. On ne peut pas mettre sur
le même pied d’égalité un Etat et un groupuscule armé, de surcroît sans
parole. Dans le cas du MNLA, il y avait beaucoup de raisons de lui dire les
quatre vérités. Car ce mouvement est à la base de tous les malheurs du
peuple malien, pour avoir accéléré l’invasion du Nord par les
narco-islamistes. La médiation devrait aussi rappeler aux irrédentistes du
MNLA les crimes contre l’humanité commis à Aguelok. Le MNLA, ce n’est pas
Blanche-Neige, et le médiateur devrait l’intégrer dans sa démarche. Ce
mouvement, après le terrible tort fait au Mali, devait être mis
définitivement sur une liste noire. Cela n’a pas été fait. Qu’il ait donc
l’humilité de savoir où se trouve sa place.

Des négociations, on en reparlera certainement un jour. Mais pour le
moment, le vin de la guerre est tiré, il faut le boire. L’armée malienne a
sans doute pris la mesure de la situation avant de déclencher les
hostilités. Elle semble ne pas vouloir compter sur qui que ce soit pour
mener à bien cette opération de reconquête de la seule ville encore hors de
contrôle.

Elle peut exclure d’ores et déjà la France de sa liste de soutiens. Ce pays
a en effet érodé son capital sympathie acquis après son intervention
militaire, du fait de son double jeu avec le MNLA. Au finish, il y a même
cette impression diffuse chez bien des Maliens, selon laquelle la France a
fait tout ça non pas pour le Mali, mais pour le MNLA. Ce sont les troupes
françaises qui ont offert Kidal aux rebelles touareg. Le président François
Hollande et la classe politique française se montrent depuis toujours très
conciliants avec le MNLA. Cette deuxième guerre, le Mali la mènera donc
seul, à moins que des Etats amis et plus tard les casques bleus, ne lui
donnent un coup de main. Toujours est-il que l’armée malienne a là une
opportunité de redorer son blason. Mise en déroute aux premières heures du
conflit, placée sous tutelle pendant la reconquête, elle n’a été jusque-là
que l’ombre d’elle-même.

Pour l’institution militaire malienne, prendre Kidal est donc une question
d’honneur. Reste à savoir si elle a les moyens de mener à bien et
rapidement cette opération qui n’est pas sans risques .

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