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Hugo

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La démocratie — non pas la démocratie libérale, mais la démocratie radicale et la démocratie internationale, la vraie de vraie donc — vient de perdre son principal champion. Les pravdas occidentales vont s’en réjouir, à peine discrètement (car il s’agit tout de même d’un décès), car la passion et l’idéalisme, même quand elles ne sont pas au service de l’extrémisme religieux, effarouchent toujours les puissants.

Chavez n’était pas puissant. Le Venezuela ne le permettait pas, et encore moins l’économie politique internationale. Le Venezuela, comme tous les pays d’Amérique latine, est un pays radicalement divisé entre riches et pauvres, et Chavez était le leader des pauvres. Il a établi donc non pas un système pseudo-consensuel (comme la démocratie libérale, fondée sur l’existence d’une classe moyenne comme classe pivot), mais une sorte de dictature du prolétariat. Cette dictature a été mise en place au forceps, et a toujours été bien plus fragile que les bravades de Chavez ne pourraient le laisser croire. Elle n’a (n’avait?) par exemple rien à voir avec les dictatures de droite comme celle de Pinochet ou de ses propres prédécesseurs au pouvoir, étant bien plus chaotique, ouverte et inclusive, tout en maintenant toujours le cap: plus de pouvoir et plus de liberté aux pauvres. (Et bien sûr, il ne s’agit pas d’une dictature au sens classique du terme, puisque les élections vénézueliennes sous Chavez étaient crédibles).

Au plan international, Chavez a été un instrument clef de l’instauration d’un équilibre bolivarien en Amérique. Le bolivarisme international est la réponse de l’Amérique latine à la doctrine de Monroe. L’action de Chavez et de la renaissance de la gauche latino-américaine dans laquelle elle s’inscrit a été capitale dans l’émergence de cet équilibre qui tranche avec la situation des trois dernières décennies du XXe siècle. Et puis ces niches contre les Etats-Unis! Les Etats-Unis, c’est le pays qui dit au reste du monde qui est bon et qui est mauvais, en ne se fondant que sur ses intérêts et ses valeurs. Le discours de Chavez aux Nations Unies sur Bush le diable était, à cet égard, libérateur. Discours plus malin d’ailleurs que celui des dirigeants iraniens par exemple — « Le diable était ici hier. Ca sent encore le soufre ».

Et maintenant? Hélas!

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