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les francophones sont des paltoquets

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Cet article de Jeune Afrique qui vient juste d’être mis en ligne est symptomatique de l’état d’écervelation où se trouve l’opinion publique en Afrique – particulièrement en Afrique francophone – lorsqu’il s’agit de juger et de délibérer sur les affaires du Continent. Une grande peur de certains Francophones – les gens ordinaires qui étalent leur fragilité mentale au grand jour sur cette émission radio-trottoir de RFI dont le nom m’échappe – c’est que l’Afrique du Sud n’empêche « les Occidentaux » (lire, la France) d’intervenir en Afrique. L’Afrique du Sud rechercherait l’hégémonie en Afrique à travers l’UA: la preuve, « elle a utilisé l’UA pour s’immiscer en Côte d’Ivoire et en Libye. » (Je cite l’article décervelé de Jeune Afrique, écrit d’ailleurs par des journalistes français). Evidemment, la France, elle, a le droit d’utiliser l’ONU et l’OTAN pour non pas « s’immiscer » en Côte d’Ivoire et en Libye, mais carrément se mettre aux commandes, pimpante et cynique. En réalité, l’Afrique du Sud a seulement tenté d’utiliser l’UA comme d’un mégaphone pour faire entendre une opinion alternative, acte de démocratie internationale s’il en est. Mais les larbins africains de la France veillent. Je suis persuadé que c’est d’ailleurs cela qui a poussé les Sud Africains à évincer Jean Ping. Ils ont été plus qu’escagassés par son impéritie (litote) lors de crises entrant évidemment dans la rubrique d’agressions néo-impérialistes.

Ceux qui honnissent le coup d’autorité de Pretoria parce qu’ils ont subi un lavage de cerveau doivent considérer ces quelques éléments : une organisation internationale n’est rien sans hégémon. Il n’y a pas un seul exemple, depuis le temps de la Ligue de Délos jusqu’à celui de la Ligue atlantique, d’une organisation internationale ayant fonctionné sur la base de l’égalité et des bons sentiments. Au contraire, dès que l’hégémon se retire d’une coalition ou d’une ligue, elle tombe dans un état de vide vaporeux. La mort du Tsar Alexandre en 1825 tua la Sainte Alliance, le refus des Etats-Unis de joindre la Société des Nations fit de cette noble entreprise une plaisanterie internationale sur laquelle Hiro Hito, Mussolini et Hitler sautillèrent joyeusement comme des petits cabris. Si l’OUA puis l’UA est restée lettre morte depuis 1962, c’est parce qu’elle n’a été, de fait, que ce dont on l’a traitée : un syndicat de chefs d’Etat, se retrouvant périodiquement à Addis pour se sentir importants et s’abêtir de palabres. Mais on est tellement habitué à cette léthargie que quiconque veut nous réveiller nous irrite. Le problème, cependant, c’est que si on n’est pas hégémonisé par l’Afrique du Sud, à travers les règles et les restrictions de l’UA, on le sera par la France, la Grande-Bretagne et les USA suivant des normes décidées en 1885 à Berlin. Le choix qu’on a, c’est la monarchie constitutionnelle de Pretoria ou le despotisme colonial de Paris, Londres et Washington. Pour l’instant, les époustouflants francophones penchent pour la seconde option. Pourquoi ? Pour rien. Ce sont des paltoquets.

(Okay, ceci est un coup de sang : non, mais !)

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