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nation of islam

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Sortant de Kollo ce matin, je remarque un nouvel hôpital chrétien : Hosanna. Il ne me semble pas que des musulmans feraient un hôpital en pays chrétien. Ils en font même moins dans un pays musulman comme le Niger que ne le font les chrétiens. A quoi cela tient-il ? Question de moyen, ou question de culture ? Je penche pour le second, car la culture fait toujours trouver les moyens. Il n’y a pas, en Islam, de concept similaire à la « mission de charité », c’est-à-dire cette forme de consécration de soi non pas à la propagation de la foi, mais au service d’autrui, de quelque confession qu’il fût. La charité islamique semble ne s’adresser qu’aux musulmans et, tout comme le judaïsme, mais contrairement au christianisme, l’Islam est apparemment un nationalisme théologal. Rousseau l’en admirait pour cela : l’Islam, disait-il en substance, peut fonder les principes politiques d’un Etat, tandis que le christianisme, religion de l’humanité et non de la nationalité, ne ferait que les détruire ou créer des contradictions insurmontables entre ce que l’on doit à Dieu et ce que l’on doit à l’Etat. Je ne sais si cette conséquence est nécessaire. Elle paraît expliquer le fait que l’islamisme ait pu succéder, dans le monde arabe, au nationalisme séculier. Si cela c’est produit, c’est que l’islamisme est en fait un nationalisme. Pourquoi y a-t-il dans les Balkans une nation appelée « musulmans » ? Imagine-t-on le christianisme définir ainsi une ethnicité ? Et il me semble que si les musulmans du Nord Nigéria sont les agresseurs, tandis que les chrétiens, aussi fondamentalistes soient-ils, ne font que se défendre, c’est bien parce que l’idéologie militante du Nord Nigéria est un nationalisme, et non pas seulement de la foi. (Mes voyages au Nigéria, et surtout dans le Middle Belt, m’ont confirmé que depuis pratiquement toujours, ce sont les musulmans qui commencent la bagarre, bien qu’on ne peut pas toujours s’en apercevoir, vu de loin.) Dans les villes, des idéologues affirment que les termes Haoussa et Musulmans sont aujourd’hui interchangeables, au point qu’ils considèrent les Haoussa non islamisés comme des étrangers, parlant, par exemple, des « relations entre Haoussa et Maguzawa » (les Maguzawa sont les Haoussa des campagnes, généralement animistes, et donc en réalité dépositaires de la plus antique culture haoussa !)

Cependant, l’Islam n’est pas tout à fait similaire au judaïsme. Il semble être, de ce point de vue, à mi-chemin entre judaïsme et christianisme : plus clos que le christianisme, mais aussi plus ouvert que le judaïsme. Les religions – y compris le christianisme – rendent leurs fidèles narcissiques et obsédés de leurs raisons. Ils sont le peuple élu, le sel de la terre, la communauté de Dieu. Mais le christianisme, avec tous ses côtés déplaisants, a réussi à faire un pas à l’écart vers une conception plus large de l’humain. On trouve parfois quelque chose de similaire, en Islam, chez les Soufis, ces gens qui, jusqu’au début du XXème siècle, ont dominé les conceptions religieuses dans la plupart des pays sunnites en dehors de l’oasis de Dariya.

Mais pour l’heure, on ne peut, hélas ! croire en la possibilité d’une Mère Theresa musulmane.

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